Économie

À Angers, Bull double sa production de racks de supercalcul

Caroline Bertrand 2 min de lecture
À Angers, Bull double sa production de racks de supercalcul

À Angers, l’usine Bull renforce sa capacité d’assemblage de supercalculateurs. Le site peut désormais produire douze racks par mois, contre six auparavant. Cette cadence pourrait atteindre vingt-quatre racks mensuels en 2027 si les commandes suivent, selon laclepublique.fr.

Le rôle angevin ne se limite pas à l’assemblage de structures. Bull conçoit l’architecture des systèmes, intègre les composants, relie les équipements entre eux, organise leur refroidissement et teste les machines avant leur livraison. Le site est présenté comme le seul en Europe capable d’assembler des supercalculateurs à grande échelle.

Deux machines à produire en même temps

L’agrandissement doit notamment permettre de fabriquer simultanément Alice Recoque et LUMI-AI, une capacité que l’outil industriel précédent ne permettait pas. Alice Recoque, destinée au CEA en France, représente à elle seule 94 racks. LUMI-AI doit être installé en Finlande. Le premier supercalculateur exascale européen, JUPITER, utilise déjà une plateforme Bull.

Pour le territoire, l’enjeu est donc de conserver à Angers une compétence industrielle qui couvre la conception et la livraison de très grands systèmes de calcul destinés à des clients européens. L’État français détient la totalité de Bull depuis le 31 mars, pour une valeur pouvant atteindre 404 millions d’euros.

Une chaîne européenne encore incomplète

La montée en capacité ne signifie pas que tous les composants sont produits en Europe. Bull estime pouvoir s’approvisionner en Europe pour environ 70 % des composants de ses supercalculateurs, notamment les cartes, les interconnexions et les systèmes de refroidissement. Cette part était de 20 à 30 % cinq ans plus tôt. L’entreprise précise toutefois que sa méthode de calcul n’est pas publique.

La mémoire reste le principal point de dépendance. Bull indique qu’aucun fournisseur européen ne peut actuellement remplacer les grands producteurs mondiaux. Les processeurs et accélérateurs utilisés dans Alice Recoque viendront aussi en partie du groupe américain AMD, tandis que les processeurs Rhea de SiPearl sont conçus en Europe mais fabriqués à Taïwan.

Source : laclepublique.fr

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